Désamorcer la crise des “gilets jaunes”: mission impossible pour Macron

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Mercredi soir, Emmanuel Macron s’exprimera une nouvelle fois à la télévision pour détailler les mesures d’accompagnement décidées en marge de la hausse de la taxation sur le carburant. Mais, pour nos éditorialistes, c’est peine perdue: il n’a plus les cartes en mains pour apaiser le mouvement des “gilets jaunes”.
Emmanuel Macron n’a peut-être jamais été aussi présent médiatiquement. Mercredi soir, il interviendra une nouvelle fois à la télévision avec pour volonté d’apaiser la colère des “gilets jaunes”, ces Français qui se promettent de bloquer les routes le 17 novembre pour protester contre la hausse de la taxation sur le carburant. Pour ce faire, le chef de l’Etat détaillera une série de mesures d’accompagnement. Selon nos éditorialistes ce mardi matin, l’exercice devrait rester vain.

Christophe Barbier: “Ce sera trop peu et trop tard”

Pour Christophe Barbier, l’équation sera difficile à équilibrer pour l’exécutif:

“On veut à la fois que ça ne coûte pas trop cher à l’Etat mais que ça soit sonnant, trébuchant, concret dans la poche des Français, mais que ça ne les incite pas à garder le mauvais comportement ad vitam aeternam. Et puis on ne veut pas d’un chèque carburant qui donne l’impression de subventionner le pétrole mais on va travailler sur l’amélioration du chèque-énergie qui subventionne quand même le fuel. Tout ça est pétri de contradictions et de complexités. Les ministres se sont quittés sans conclure, on attend dans les prochaines heures le détail de ces mesures.

Quelques soient les annonces, ce sera trop peu et trop tard. La machine du 17 novembre elle est partie, ce qui peut éventuellement décourager les manifestants, c’est d’un côté l’impression d’avoir été récupérés politiquement: ‘On ne va pas descendre dans la rue et favoriser par exemple Marine Le Pen’. C’est surtout l’impression que participer à des blocages c’est aller contre l’intérêt des consommateurs-citoyens. ‘On n’aime pas être bloqués quand c’est la grève des cheminots, est-ce qu’on va bloquer les routes nous-mêmes?’ C’est la question qui pourra faire basculer ce mouvement d’un semi-échec à un grand raz-de-marée populaire.”





 

Nicolas Doze: “C’est mort”

L’éditorialiste économique Nicolas Doze est plus définitif encore:

“C’est mort. Le carburant est devenu un prétexte à un refus du matraquage fiscal au sens large, d’ailleurs les prix à la pompe avec le recul du brut ont commencé à baisser. Mais personne ne s’en est rendu compte, le problème n’est plus là. On est très loin des sommets de 2012 où on payait plus de deux euros le litre, souvenez-vous. Là, les gilets jaunes incarnent l’exaspération face à l’impôt. Vous savez que ‘impôt’, c’est la même racine que ‘imposteur’ et celui qui paye des impôts et aimerait bien savoir pourquoi…




On a le record du monde des prélèvements obligatoires, on a passé les mille milliards d’euros annuels dans notre pays, il est logique que ça finisse par abîmer le consentement à l’impôt. Surtout qu’en face, on n’est pas mieux soigné, pas mieux protégé, pas mieux formé qu’il y a dix ans.”

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