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Sonné par la crise des Gilets jaunes, malmené par la Macronie, Édouard Philippe encaisse les coups mais met en garde : “Les critiques, je sais très bien qui les formule.”

Ambiance rock samedi dans le bureau d’Édouard Philippe. Dans un palais de Matignon silencieux, week-end oblige, on entend la musique à travers la porte. Ce fan de Springsteen pousse même la chansonnette. Ses amis décrivaient un homme marqué, éprouvé par un mois de crise avec les Gilets jaunes.

Ses détracteurs, un Premier ministre affaibli, voire en bout de course. Certes, les cernes trahissent sa fatigue. Mais quand il nous reçoit dans son bureau, en jean et sans cravate, Édouard Philippe ne donne pas l’image d’un homme à terre.

Il se laisse même aller à quelques imitations de Sarkozy ou de Chirac. Cet amateur de noble art a sans doute quelques bleus, mais il n’est pas K.‑O.

Les confidences d’un Premier ministre dans la tourmente
“La politique, c’est comme la boxe, dit-il d’ailleurs. Quand vous montez sur le ring, vous savez que vous allez prendre des coups. J’en prends. Je peux en donner aussi. J’aime ça.” En voilà certains prévenus, et ce d’autant plus qu’il ajoute : “Les critiques, je sais très bien qui les formule et à quelles fins, poursuit-il. Je ne suis pas aveugle.”

A-t-il été tenté de quitter Matignon? L’intéressé dément toute tentation de Venise : “L’idée que je sois exaspéré et que je puisse tout envoyer balader sur un coup de tête, ce n’est juste pas moi.” Quant à sa relation avec Emmanuel Macron, le Premier ministre assure qu’il n’y a pas l’ombre d’un “malentendu” entre eux : “On se parle beaucoup, on se dit les choses.”

Après quelques jours de ­vacances, Édouard Philippe a bien l’intention de relancer très vite le train des réformes : “Il faut qu’on répare le pays. C’est l’objectif que je me suis fixé.”

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