“Gilets jaunes”: passe d’armes entre Mélenchon et Philippe à l’Assemblée nationale

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Dans cette législature, l’échange direct entre Jean-Luc Mélenchon et Edouard Philippe est devenu un classique de l’Assemblée nationale. Ce mardi, le député élu à Marseille et le Premier ministre ont évoqué la crise des “gilets jaunes” et les sort d’un projet de manifestation à Paris samedi prochain.






Edouard Philippe est décidément l’interlocuteur privilégié de Jean-Luc Mélenchon à l’Assemblée nationale. Ce mardi après-midi, le député élu à Marseille s’est levé pour évoquer les “gilets jaunes” et expliquer leur mobilisation par l’échec de l’orientation économique et fiscale du gouvernement. “Il n’y a pas d’ordre public possible ni souhaitable sans justice sociale, c’est comme ça qu’il faut comprendre la puissance et l’étendue du mouvement dit ‘des gilets jaunes'”, a-t-il ouvert.

“Permettez la manifestation”
Donnant divers exemples de ce qu’il voit comme des injustices sociales dues à cet exécutif, Jean-Luc Mélenchon a notamment lancé: “Il n’est pas juste de prendre quatre milliards d’euros à des gens qui n’ont pas d’alternative au déplacement en voiture par une surtaxe sur les carburants quand dans le même moment vous donnez exactement la même somme, en supprimant l’impôt sur la fortune, à des familles de riches qui n’en ont pas besoin et ne vous l’ont jamais demandé.”




Puis, il a parlé du rassemblement projeté par certains “gilets jaunes” à Paris samedi prochain:

“Je suis obligé de vous dire, samedi, paraît-il, vous avez l’intention d’interdire la manifestation à laquelle les ‘gilets jaunes’ ont appelé. Beaucoup d’entre nous seront à la manifestation contre les violences sexistes et sexuelles mais nous irons, je vous le dis les Insoumis iront, dans ces manifestations. Monsieur le Premier ministre, permettez que la démocratie sociale et parlementaire se retrouvent, permettez la manifestation.”

“Il n’est pas juste non plus…”
Le chef du gouvernement a répondu dans la longueur au parlementaire. Il a tout d’abord présenté sa position comme légaliste:

“Vous nous demandez de ne pas interdire une manifestation. Permettez-moi de redonner l’état du droit. Pour manifester en France, il faut déclarer un projet de manifestation. C’est important car ça permet notamment de sécuriser la manifestation. Je constate qu’un certain nombre de nos concitoyens se sont affranchis de cette règle en disant qu’au fond elle n’apportait rien. Cette règle permet que les manifestations se passent bien.”






Il a appuyé: “Nous n’avons aucune intention de réprimer ou de diminuer la liberté d’expression et de manifestation mais nous voulons que cette liberté d’expression et cette liberté de manifestation s’expriment dans le cadre de la loi.”

Imitant l’anaphore de Jean-Luc Mélenchon, il a alors attaqué le mouvement sur le fond: “Il n’est pas juste non plus d’interdire aux Français de se déplacer quand ils souhaitent le faire. Il n’est pas juste non plus d’imposer à des gens qui veulent franchir un rond-point de porter un gilet jaune. Il n’est pas juste non plus de bloquer des centres-villes ou des centres commerciaux.”

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