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Tout est une question de timing. Lundi 10 décembre, pratiquement au moment même où Emmanuel Macron prenait la parole depuis l’Élysée pour répondre aux revendications des « gilets jaunes », le Sénat votait une loi.

Drôle de coïncidence. Il s’agissait d’une loi proposée par le président de la République en mai dernier : l’allègement de l’« exit tax », qui permettait de lutter contre l’évasion fiscale. Introduit par Nicolas Sarkozy en 2011, ce dispositif permettait de taxer à hauteur de 30% les bénéfices réalisés via la vente d’actions par des Français fortunés et domiciliés à l’étranger.

Emmanuel Macron avait annoncé vouloir supprimer l’exit tax en juillet dernier mais, face aux critiques, les députés de la majorité avaient préféré la modifier plutôt que de l’abandonner totalement. Des personnalités de la gauche, comme le premier secrétaire du parti socialiste Olivier Faure, se sont indignés d’une telle mesure.

« Ce soir à 19h, le Sénat a voté la fin de l’exit tax ! Vous pouvez maintenant vous exiler fiscalement à l’étranger sans payer d’amende ! Voilà l’hypocrisie de Macron et son gouvernement ! », ironise-t-il sur Twitter.

Olivier Besancenot, invité de BFMTV le 10 décembre pour discuter de l’allocution, a également fait référence à l’allègement de cette taxe. « Y’a pas eu un vote là, il y a quelques heures au Sénat, sur les exilés fiscaux ? », a-t-il demandé sur le plateau. Avant de poursuivre : « C’est-à-dire que ceux qui fraudent et qui sont susceptibles de recevoir une amende, eh bien finalement il y a un vote qui fait que ces gens ne vont pas être sanctionnés.

C’était il y a deux-trois heures [le vote a eu lieu aux alentours de 19 heures, l’allocution à 20 heures]. Au même moment où vous nous faites ce type de discours, où vous faites le service après-vente ».

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