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Ses proches le décrivent comme très “préoccupé”. Le chef de l’Etat consulte tous azimuts avant de s’exprimer devant les Français. Il consacre beaucoup de rendez-vous aux enjeux sécuritaires de la prochaine journée de mobilisation.

Un compagnon de route le dit “extrêmement préoccupé”. Un autre n’a pas eu de réponses à ses SMS depuis 48 heures. Didier Guillaume, ministre de l’Agriculture, le trouve “inquiet car une partie du peuple est en train de se soulever”, comme il l’a dit sur RTL. A l’Elysée, Emmanuel Macron consulte tous azimuts. En toute discrétion, comme depuis le début du quinquennat.

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Le président de la République est revenu d’Argentine, dimanche dernier, “un peu fâché”, constate un de ses fidèles. Un euphémisme. Le chef de l’Etat est furieux. Constatant les dégâts du samedi 1er novembre et les difficultés du maintien de l’ordre, il décide de suivre le dossier directement.

Ces derniers jours, le chef de l’Etat discute ainsi avec des préfets et des élus locaux, pour avoir leurs retours d’expérience, mais aussi avec des spécialistes de la sécurité.

“Il a été très marqué par ce qu’il a vu au Puy-en-Velay, la préfecture incendiée et les casseurs qui empêchent les pompiers d’intervenir”, raconte un ami.

Pendant ce temps, Matignon a été prié de se focaliser sur réponses économiques et sociales – avec le recadrage de mercredi soir sur la suppression des taxes.

L’Elysée inquiet

A l’Elysée, on redoute un déferlement de violences dans la capitale, compte tenu des informations qui remontent en haut lieu. Des porte-parole des gilets jaunes tiennent des discours très alarmistes hors micro et hors caméra:

“Il va y avoir des morts, ce sera pire que samedi dernier”, insistent-ils. Pour évaluer le danger, les collaborateurs du président ont compilé les analyses (renseignement, réseaux sociaux, etc.).

Selon un expert qui travaille pour l’exécutif, des leaders liés à l’ultra-droite et l’ultra-gauche surgissent le 14 novembre (date de la première mobilisation, NDR) sur les rond-points, alors qu’ils n’apparaissaient pas jusque-là.

“Les réseaux sociaux des gilets jaunes sont aussi engorgés de propagande et de fake news issues de ces mêmes milieux ainsi que de soutiens étrangers”, observe-t-on.

Conclusion : le mouvement est bel et bien orienté par des séditieux.

Après avoir laissé Edouard Philippe présenter des mesures, l’Elysée engage donc une riposte sur le fond. Mercredi midi, le président du groupe LaREM au Sénat, François Patriat, évoque une “volonté de putsch” de la part de certains gilets jaunes. Le terme est utilisé le soir par les ministres François de Rugy et Marlène Schiappa sur le plateau de BFMTV. Eric Drouet, l’une des figures du mouvement, leur répond vouloir “entrer dans l’Elysée”. La tension est palpable.

Emmanuel Macron n’a pas prévu de s’exprimer avant ce week-end. Mais il s’adressera aux Français. Quand? Le moment – comme le propos – dépendront des circonstances. Comme le souligne un de ses visiteurs, “la Constitution offre plusieurs possibilités au chef de l’Etat pour reprendre la main”.

Préparer l’acte II du quinquennat

Parmi les différents scénarios, le changement de gouvernement est celui qui revient le plus souvent dans la bouche de ses soutiens.

“Il faut montrer qu’on repart d’une page blanche. Qu’on recommence. On change la méthode, le système, tout. On fait l’acte II du quinquennat”, dit l’un d’eux.

“Non, il gardera le Premier ministre”, assure un autre… Si la situation devient vraiment incontrôlable, le président de la République peut aussi recourir aux pouvoirs exceptionnels conférés par l’article 16 de la Constitution. Comme de Gaulle en 1961, après le putsch des généraux à Alger.

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