Quand les gilets jaunes se partagent des tutos pour bloquer les ronds-points

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A 48 heures du mouvement du samedi 17 novembre, les manifestants s’organisent. Sur Facebook circulent des conseils et tutoriels pour bloquer un rond-point “en toute légalité”.




A deux jours du mouvement de protestation du 17 novembre, les manifestants s’organisent, en premier lieu sur les réseaux sociaux. Circulent notamment des explications détaillées, véritables tutoriels, pour bloquer les ronds-points, “en toute légalité”.

Ce mardi, le ministre de l’Intérieur Christophe Castaner a en effet rappelé au micro de Jean-Jacques Bourdin sur RMC et BFM TV qu’il ne voulait aucun blocage total. “Partout où il y aura un blocage, et donc un risque pour les interventions de sécurité et aussi la libre-circulation, nous interviendrons”, a-t-il affirmé.



“En 10 min des km de bouchons”






Les manifestants ont donc choisi une manière originale de bloquer les ronds-points: en traversant en continu. “Avec 40-50 piétons qui marchent en rond sur les passages piétons, vous respectez la loi et en plus vous avez priorité sur les voitures! En 10 min des km de bouchons à la ronde et la police ne peut pas intervenir car vous ne faites que traverser… tout en respectant le code de la route”, peut-on lire sur de nombreux comptes et groupes Facebook liés aux gilets jaunes. Des schémas circulent aussi pour montrer la procédure à suivre.

“C’est malin, explique Maître Eric de Caumont, avocat spécialisé dans le droit routier. Le piéton a priorité en traversant, les voitures le laissent passer, d’autant plus qu’une nouvelle législation sanctionne désormais d’un retrait de 6 points un automobiliste qui ne laisserait pas la priorité”.

L’exercice s’apparente à un savant exercice de flirt avec la légalité. Maître de Caumont rappelle qu’en droit, il est interdit d’entraver la circulation. Les contrevenants risquent 4500 euros d’amende, jusqu’à 2 ans de prison et 3 ans de suspension de permis, ainsi qu’un retrait de six points. Par ailleurs, toute manifestation doit être officiellement déclarée en préfecture, pour être autorisée.






“Or, si elle annonçait un blocage, la manifestation pourrait être interdite, il est donc fort probable qu’il n’y ait pas de déclaration préalable déposée, notamment car elles ne sont pas organisées par des corps intermédiaires comme des syndicats”, explique Maître de Caumont.

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