Une députée LaREM veut interdire l’impression systématique des tickets de caisse

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Patricia Mirallès, élue LaREM de l’Hérault, a déposé le 7 novembre une proposition de loi pour mettre un terme à l’impression et à la distribution systématiques des tickets de caisse dès 2020. Ceux-ci ne seraient plus distribués qu’à la demande expresse du client.






Les tickets de caisse accumulés au fond du portefeuille ne seront-ils bientôt plus qu’un mauvais souvenir? Alors que certaines enseignes ont déjà choisi de mettre fin au ticket traditionnel, en proposant de l’envoyer sous forme numérique en échange d’une adresse mail précieuse pour le cyber-marketing, une députée La République en marche propose d’aller plus loin en France. Patricia Mirallès, élue de l’Hérault, a déposé le 7 novembre une proposition de loi qui vise à interdire l’impression et la distribution des tickets de caisse dans les magasins, sauf demande expresse du client. Une mesure “qui ne coûte rien” et qu’elle propose de mettre en place dès le 1er janvier 2020.

Pour la députée, contactée par BFMTV.com, cela permettrait de répondre à un double objectif: environnemental, et de santé publique. La mesure lui a été inspirée notamment par son grand-père maternel, typographe, mort à 58 ans d’un cancer des intestins. “Il y a 40 ans déjà, il avait été dit à ma mère que l’encre n’était pas pour rien” dans son décès, confie Patricia Mirallès.

Les bisphénols S et F pointés du doigt




La dangerosité de l’encre et de certains de ses composants se pose depuis plusieurs années, notamment pour la famille des bisphénols. En raison de mises en garde répétées contre le bisphénol A (ou BPA) en particulier, plusieurs enseignes ont choisi de lui substituer d’autres substances, parmi lesquelles les bisphénols F et S. Mais d’après une étude parue en 2015 dans la revue internationale spécialisée sur la reproduction, Fertility and sterility, ces alternatives au BPA ne sont pas sans danger.

En France, en 2017, l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (Anses), appelait aussi à “la plus grande prudence” en matière de substitution du bisphénol A par d’autres, dont le S et le F, en raison de l’impossibilité de “conduire une évaluation des risques sanitaires liés à une utilisation de ces composés dans des produits de consommation”. Ces substances présentent un risque pour les consommateurs, mais aussi pour les travailleurs, commerçants ou employés de caisse notamment, en particulier les femmes enceintes. Face à ce constat, l’élue appelle à “changer les comportements”.

848.000 mètres de papier par an pour un hypermarché
Sur le plan environnemental, l’impact d’une telle mesure ne serait pas non plus négligeable. En raison notamment de l’utilisation massive de papier qu’engendre la fabrication de ces tickets. Pour illustrer son propos, Patricia Mirallès a mené l’enquête et sorti sa calculette, et les résultats sont édifiants: “J’ai pris trois commerces en exemple, une boulangerie, un tabac et un hypermarché”. Dans le premier, six rouleaux sont utilisés chaque mois, soit 5760 mètres de papier par an, d’après la députée.

 

Dans le tabac, ouvert 365 jours par an, on passe à un rouleau par jour, “soit 29.200 mètres de papier sur un an”. Quant à l’hypermarché, il consomme 10.600 rouleaux sur l’année, soit 848.000 mètres de papiers, toujours d’après les calculs de la commissaire à la défense et aux forces armées.



Concrètement, l’élue propose donc d’interdire le ticket de caisse sauf exception, par exemple pour les personnes âgées qui n’auraient pas la possibilité d’accéder à une boîte mail et auraient besoin de leurs preuves d’achat. Actuellement, comme le rappelle la proposition de loi, l’impression du ticket de caisse est obligatoire pour les commerçants à partir de 25 euros d’achat.






A ce stade, le texte est co-signé par 36 autres députés de la majorité. Patricia Mirallès veut profiter de la prochaine niche parlementaire, qui permet aux groupes de faire passer leurs propositions, et dont la prochaine pour LaREM est prévue fin janvier ou début février. Ce mercredi soir, elle a rendez-vous au ministère de la Transition écologique pour aborder le sujet, et espère obtenir dans les prochaines semaines d’autres signatures.
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